Être locataire à l’approche d’un certain âge peut soulever une question cruciale : peut-on encore être expulsé de son logement ? Bonne nouvelle : la loi française prévoit une protection spécifique selon votre situation. Et à partir d’un certain âge… c’est non, sauf exception.
À partir de quel âge un locataire ne peut-il plus être expulsé ?
En France, un locataire peut bénéficier d’une protection contre l’expulsion dès l’âge de 65 ans, à condition de remplir certaines conditions. Ce n’est pas automatique : plusieurs critères entrent en jeu.
Voici les trois conditions à réunir :
- Le locataire doit *avoir 65 ans ou plus*
- Ses ressources doivent être inférieures à un certain plafond fixé chaque année
- Le bailleur doit posséder lui-même des ressources suffisantes pour que la loi le laisse expulser
Si ces conditions sont remplies, le propriétaire ne peut pas donner congé au locataire pour vendre ou reprendre le logement.
Quel est le plafond de ressources à ne pas dépasser ?
Le montant dépend de la composition du foyer et est aligné sur les plafonds de ressources HLM révisés chaque année. À titre indicatif, pour 2024 :
- 1 personne en Île-de-France : 24 806 €
- 1 personne ailleurs en France : 21 139 €
- 2 personnes en Île-de-France : 37 241 €
- 2 personnes ailleurs : 28 231 €
Ces plafonds varient chaque année, donc il convient de vérifier auprès de l’administration pour les chiffres actualisés.
Le bailleur peut-il contourner cette règle ?
Dans certains cas, oui. Si le propriétaire est lui-même âgé de plus de 65 ans ou si ses revenus sont inférieurs au plafond, alors il peut donner congé au locataire, même protégé. L’idée derrière cette règle est d’assurer un équilibre entre les droits du locataire âgé et ceux du propriétaire vulnérable.
Autre exception : si le congé ne concerne pas une reprise ou la vente, mais une expulsion pour motif légitime (comme des loyers impayés chroniques ou des troubles du voisinage prouvés), alors la protection ne s’applique pas.
En cas de litige, que faire ?
Si vous êtes locataire proche ou au-delà de 65 ans, et que vous recevez un préavis de départ de votre propriétaire, commencez par vérifier les critères évoqués plus haut. Si vous êtes éligible à la protection, vous pouvez la faire valoir.
Voici les démarches principales :
- Répondre par courrier au propriétaire en rappelant votre âge et vos ressources
- Joindre les justificatifs nécessaires
- Faire appel à un conciliateur ou à l’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) pour vous accompagner
Loi et contexte social : une mesure contre la précarité
La loi vise ici à éviter que des personnes âgées ne se retrouvent à la rue sans solution. Perdre un logement à un âge avancé peut être dramatique, tant sur le plan psychologique que sanitaire.
Elle s’inscrit dans une série de protections, comme la trêve hivernale ou encore les délais accordés par les tribunaux en cas d’impayés. En clair, la législation cherche à protéger les plus fragiles.
À retenir
Un locataire de plus de 65 ans, avec des ressources modestes, est particulièrement protégé contre les expulsions. Mais cette protection n’est pas automatique, ni absolue. Tout dépend de la situation du locataire — et de celle du propriétaire.
En cas de doute, n’hésitez pas à contacter une association spécialisée ou votre mairie pour être accompagné. Une expulsion n’est jamais anodine et la loi peut être de votre côté.












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